- L’essentiel à retenir : en septembre, les exportations automobiles mexicaines ont reculé de 12 % sur un an, et la production de 15 %.
- Le repli tient surtout aux droits de douane américains de 25 % appliqués aux véhicules qui ne bénéficient pas du traitement préférentiel de l’USMCA, et à l’incertitude entourant cet accord.
- Le marché intérieur progresse de 8 % et les exportations vers le Canada de plus de 9 %, sans compenser le recul vers les États-Unis, qui absorbent 76,4 % des expéditions.
- Le risque majeur reste la dépendance à un marché unique : une révision plus contraignante de l’USMCA prolongerait la pression sur la production.
Sommaire
- Le recul de septembre en chiffres
- La dépendance au marché américain et les droits de douane
- Des résultats contrastés selon les constructeurs
- La croissance intérieure amortit le choc
- Foire aux questions
En septembre, les exportations automobiles du Mexique ont reculé de 12 % sur un an.
Les États-Unis achètent la plus grande part des voitures mexicaines, et leurs droits de douane pèsent sur les usines. Cet article montre pourquoi la chute est si forte et ce qui la limite.
Le recul de septembre en chiffres
Une production en net repli
Le Mexique a assemblé 301 803 véhicules légers en septembre, soit 53 786 de moins qu’un an plus tôt. Le recul annuel atteint ainsi 15 %.
Les exportations ont fléchi de 12 %, à 277 369 unités contre 314 656 en septembre 2025. La production a reculé plus vite que les expéditions. Les usines ont donc ajusté leurs volumes aux commandes venues de l’étranger.
Les camions légers dominent toujours
Sur le mois, les camions légers représentent 231 965 véhicules produits. Les voitures particulières en comptent 69 838. Les usines dépendent donc fortement des choix des constructeurs américains sur les pick-up et les SUV.
Pour les exportations, il s’agit de la baisse annuelle la plus marquée depuis décembre 2025. Côté production, le repli prolonge une série de cinq mois de contraction. C’est le plus fort recul depuis novembre 2021.
La dépendance au marché américain et les droits de douane
De janvier à septembre, les États-Unis ont absorbé 1 931 750 véhicules mexicains, soit 76,4 % des exportations nationales. Le Canada suit loin derrière, avec 314 185 unités, soit 12,4 %.
Sur neuf mois, les envois vers les États-Unis ont reculé de 5 %, alors que ceux vers le Canada progressaient de plus de 9 %. Cette croissance a amorti une partie du repli global.
Le Mexique reste le premier fournisseur étranger de véhicules légers des États-Unis, avec 16 % des véhicules importés. Cette place repose sur une chaîne industrielle intégrée. Elle lie pourtant l’activité nationale aux décisions commerciales de Washington.
Les véhicules mexicains hors traitement préférentiel de l’USMCA restent frappés d’un droit américain de 25 %. Les discussions en cours visent à ramener la charge entre 10 % et 12 % pour les modèles respectant les règles d’origine nord-américaines.
Des résultats contrastés selon les constructeurs
General Motors, Ford et Nissan reculent
General Motors reste le premier exportateur depuis le Mexique. Il a expédié 69 804 véhicules en septembre, soit une baisse annuelle de 7,5 %. Sa production a diminué de 27,1 %, à 58 949 unités.
Nissan enregistre le recul le plus sévère parmi les grands exportateurs. Il a expédié 31 451 véhicules, contre 46 972 un an plus tôt, soit −33 %. Sa production a chuté de 26,3 %, à 44 355 unités.
Stellantis a réduit ses exportations de 20,4 %. Audi et Honda perdent respectivement 18,6 % et 17,7 %. Mercedes-Benz n’a produit ni exporté le moindre véhicule en septembre. Son usine commune avec Nissan a fermé en mai.
Mazda, BMW et Kia résistent
BMW Group a porté ses expéditions à +94,5 % en septembre. Kia a progressé de 8,2 %. Ces hausses ont partiellement compensé les replis de General Motors, Ford, Nissan et Stellantis.
Sur neuf mois, les écarts restent marqués :
- Stellantis : +30,2 % d’exportations
- Kia : +10,5 %
- Nissan : −29,5 %
- Mercedes-Benz : −41,6 %
Le choc ne frappe pas toutes les usines de la même manière. Les volumes dépendent du modèle fabriqué. Ils dépendent aussi de la destination des véhicules. Enfin, ils tiennent à la capacité de chaque groupe à respecter les règles d’origine américaines.
La croissance intérieure amortit le choc
Le marché mexicain continue de progresser
Les ventes de véhicules légers au Mexique ont atteint 129 274 unités en septembre, en hausse de 8 % sur un an.
Sur neuf mois, elles totalisent 1 143 988 véhicules, soit +5,03 %.
La demande nationale offre un débouché quand les commandes américaines reculent. Elle ne compense pas seule la baisse des exportations. Ses volumes restent inférieurs à ceux des envois vers l’étranger.
Le risque dépasse les chiffres de septembre
Le Mexique garde un atout industriel. Ses volumes, son intégration nord-américaine et son rang de premier fournisseur étranger des États-Unis en font un acteur clé. Mais cette dépendance à un seul marché fait de chaque changement tarifaire un risque pour toute la filière.
L’avenir de l’USMCA pèsera le plus sur les prochains mois. Une baisse des droits pour les véhicules conformes pourrait stabiliser les commandes. Une révision plus stricte prolongerait la pression sur la production et les investissements.
Le suivi des prochains mois dépendra de l’issue de la révision conjointe de l’USMCA et du niveau réel des droits appliqués aux véhicules conformes aux règles d’origine. Les prochaines séries mensuelles de l’INEGI permettront de vérifier si la demande intérieure peut durablement compenser le recul des expéditions.
Foire aux questions
Que mesure le RAIAVL mexicain ?
Le RAIAVL est le registre administratif de l’industrie automobile légère mexicaine, mis à jour chaque mois.
Il compte les ventes intérieures, la production et les exportations, avec le détail par marque, modèle, pays d’origine et destination.
Quand l’USMCA pourrait-il changer de nouveau ?
Les trois pays doivent désormais organiser des révisions annuelles, après le refus américain de prolonger l’accord.
Sans accord de renouvellement, le texte reste en vigueur jusqu’à son échéance prévue en 2036.
Pourquoi le Mexique reste-t-il attractif pour les constructeurs ?
Les constructeurs y trouvent une base industrielle, une spécialisation dans les camions légers et un accès logistique au marché américain.
Cet avantage dépend du respect des règles d’origine et de la stabilité des droits de douane américains.